Les missions du possible. Avec et pour les jeunes en parcours d'insertion, par Anne Le Bissonnais
Coll. Les panseurs sociaux, éd. Apogée, 2009, 192 p., 18 euros.
Alors que, depuis plus de vingt-cinq ans, les missions locales accompagnent les jeunes en difficulté d'insertion, leur travail reste largement méconnu. D'où l'idée de ce livre, rédigée par la socio-économiste Anne Le Bissonnais, qui fut aussi coordinatrice et directrice de la mission locale de Sud Essonne, à Etampes. Elle s'appuie ici sur le parcours et le témoignage de jeunes passés par cette structure pour évoquer la situation particulièrement difficile des jeunes en France, puis pour décrire le quotidien des conseillers de missions locales et la méthode mise en place par ces structures : un accompagnement global, personnalisé et adapté au contexte local.
Selon une étude menée en 2006, seuls 26 % des jeunes Français estimaient leur avenir personnel « prometteur », contre 60 % de leurs homologues danois : c'était le taux le plus faible parmi les 27 pays de l'Union européenne, souligne l'auteure. Même avant le début de la crise actuelle, leur insertion sociale et professionnelle était effectivement devenue en France un parcours du combattant, « une véritable galère », estime Anne Le Bissonnais, qui plus est « une galère qui s'éternise ».
1,2 million de ces jeunes en difficulté passent chaque année par une mission locale. Au terme de leur suivi, qui peut parfois durer plusieurs années, leur taux d'insertion dans l'emploi atteint 40 % à 50 %. Des scores très honorables étant donné les difficultés rencontrées par les jeunes accompagnés par les missions locales (43 % d'entre eux n'ont aucun diplôme, la moitié ne sont pas inscrits à Pôle emploi). Pour autant, l'avenir de ces structures n'est toujours pas assuré. Les financements ne sont pas à la hauteur des enjeux. Certains conseillers de missions locales doivent suivre à eux seuls jusqu'à 300 jeunes, selon Anne Le Bissonnais. Alors même que le gouvernement a fait de la lutte contre le chômage des jeunes l'une de ses priorités.
























Commenter cet article









