Dans un pays de Cocagne. Entretien avec Jean-Guy Henckel, et Le relais envers et contre tout. Entretien avec Pierre Duponchel
Array#Ed. Rue de l’échiquier, 2009, 160 p., et 144 p. ,14 € et 12 €.
Ces deux livres ont en commun de nous parler d'insertion par l'activité économique à travers la parole - et l'aventure - de deux hommes d'exception. Pour permettre à des personnes en difficulté de retrouver du travail, ces structures leur fournissent d'abord un emploi. Mais pas n'importe lequel : un emploi où elles peuvent se reconstruire, reprendre pied, retrouver confiance en elles. « Je refuse de donner un travail de merde à des gens qui sont dans la merde », s'exclame Jean-Guy Henckel, le fondateur des Jardins de Cocagne, un réseau de petits ateliers d'insertion spécialisés dans le maraîchage bio, qui emploie aujourd'hui 3 000 personnes. Il se décrit comme « anarchorock'n roll » et raconte comment fonctionne cette « petite tribu d'Apaches ».
Quant à Pierre Duponchel, un jeune ingénieur qui a rencontré sur sa route le mouvement Emmaüs, il s'est lancé dans le tri et le recyclage du textile. C'est lui qui, avec Martin Hirsch, a obtenu la création d'une taxe parafiscale destinée à financer cette filière. Il a créé Le Relais, qui compte désormais 1 350 salariés, répartis dans une quinzaine de structures où se pratique la démocratie directe, où les salaires sont affichés et où les écarts de salaires ne dépassent pas un rapport de 1 à 3. Entreprise « insérante », comme dit son fondateur, et pas seulement entreprise d'insertion, puisqu'on peut y faire carrière.
Dans l'un et l'autre cas, on a affaire à de « vraies entreprises », dont l'objet n'est pas le profit mais la construction d'une économie humaine et solidaire. Des livres réconfortants pour faire face à une société désespérante.























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